La table à coincher

Cette histoire commence un 10 janvier lors ce que je reçois des messages d’Hugo ! « Bonne année, j’ai zappé ton anniv, tu soudes encore, faut qu’on se voie, tu ne veux pas venir au Roi Solaire, j’espère que tu vas bien ! » et puis cette photo des 4 magnifiques coincheurs :

Même si je ne l’ai pas vu depuis quasiment 2 ans le petit Hugo sait motiver. Le « Tu soudes encore ?» fait tout son effet : il fête son anniversaire dans 3 semaines et on s’organise pour descendre près de Lyon. Il me parle d’une table basse qu’il cherche à acheter mais ne trouve pas vraiment, il m’envoie des photos, je fais un peu de recherches et c’est parti.

Pourquoi c’est parti aussi facilement ? C’est que tout n’a pas vraiment commencé le 10 janvier, tout a commencé en 97 ou presque. À cette époque Hugo, alors brillant élève de Polytech Lille, était plutôt porté par les rencontres, l’enjaillage, le whisky coca et les voyages que par le GDI ou les centrages courts appui plan. Bel esprit qui a attiré une belle brochette de prix Nobel. C’est bien avec lui qu’on a descendu jusqu’à Dubrovnik en Coupé Sport, qu’on a organisé des petites explorations sub-marines autour de l’île de Cres, qu’on c’est baigné dans le lac Majeur sous un orage terrifiant. C’est avec lui qu’on est parti dans les pays baltes à perfectionner les doubles dépassements sur nationale et la Vmax du Coupé Sport, à promouvoir le short du Barça jusqu’au fin fond de la Finlande ou encore la patoune bien centrée sur tronc d’arbre. Quelques années plus tard on découvre l’Escoudo et on invente le McBuia lors des treks à couper le souffle au pays des alpagas et autres lamas. On en a vécu des choses avec ce sacré Hugo Triboulet ! C’est pour cela que même si on ne s’est pas revu depuis quasi 2 ans le plaisir est vraiment là dans ce projet.

Petite table basse de 1m20 sur 60 avec deux plateaux. Ça a l’air assez classique en apparence mais on n’y est pas forcément. Petite prospection et petit schéma. Je décide de ne pas mettre des vis et d’utiliser seulement le cadre comme appui. Plus facile à démonter et à transporter aussi. Le poids monte vite dans ce genre de projets.

Une fois le design un peu prédéfini, je commence à m’intéresser au bois, c’est quand même ce qui donne le ton à la table, la couleur et la chaleur générale. J’essaie de passer par un menuisier mais le couvre-feu et la fermeture des commerces m’en empêchent. Après un allé-retour infructueux en Allemagne car confinement et grandes surfaces fermées je me rabats sur le bon vieux Merlin Gerlin, comme disait mon oncle. Dans ma tête je prends des planches de 30 ou 60 cm de large et en 18 mm d’épais. 21 mm pourrait passez aussi mais c’est plus rare à trouver. J’ai aussi pensé à un plan de travail de cuisine, c’est plus adapté aux bureaux quand même, là ça aurait été disproportionné. Pour le plateau du haut je pars sur des cornières de 18*18 mm extérieur et 3 mm d’épais alors que pour les pieds et le reste de la structure je prends du carré de 15*15 et 2 mm d’épais. De prime abord la structure me parait assez fine et justement proportionné. Elle n’a pas l’air fragile ou cheap et au contraire pas trop imposante non plus. La planification ce n’est pas mon dada mais dans ces cas il faut avoir une idée vers quoi on part. Voici la liste des courses :

  • carré 20 * 20 * 1,5 * 2000 mm 3 barres
  • cornière 18 * 18 * 3 * 2000 mm 1 barre
  • méplat 20 * 2 * 1000 mm 1 barre
  • planche chêne lamellé collé 600 * 18 * 2500 mm
  • pot de peinture noire pour métal

Après avoir fait les calculs, je rempli le Coupé Sport et direction La Fabrique, les vendredis après-midi à partir de 14 h et les samedis matin. J’ai deux weekends ! Les découpes de métal se passent bien quoi que le disque de la scie à métaux fait bien vibrer le sud de Strasbourg. Ma précision et rigueur légendaire est au rendez-vous, surtout dans les découpes d’angles à 45° à l’œil et à la meuleuse. Le Flex c’est la vie ! Je sais, d’expérience, que les découpes d’angle c’est un peu délicat surtout quand on n’a pas le Matos alors je décide plier les cornières pour limiter les découpes. Ça donne un style mais je ne sais pas si je le referai.

Alors comment on fait pour souder déjà ?! Brancher le poste : check, débit d’argon : check, puissance, 30A min par mm de métal : check, métal d’apport : check, masque et gants : demi-check. Bon bah c’est parti. Pour me chauffer j’ai dû faire 1 trait d’un cm et c’est tout. Je n’ai pas la patience et j’aime apprendre de mes erreurs. Le bridage à l’air fastidieux. Il me faut des angles droits de partout et je me rappelle assez vite que le métal bouge énormément lors des soudures. Il se tord dans tous les sens. Je pointe ci et là, je fais un trou ici et je le comble là. C’est un jeu un peu aléatoire. Heureusement Camille a construit et mis en place cette table à gabarits qui m’a bien servi. J’ai appris à l’utiliser, à mettre en place, à brider, à pointer, d’un côté, puis de l’autre, à prendre mon mal en patience et à faire les choses doucement mais bien.

Quelle ne fut pas ma surprise lors ce que je pose cette structure hyperstatique et les 4 pieds touchent le sol. Du premier coup ! Pas de coup de meuleuse ou autres artifices interminables. Comme quoi des bonnes découpes et un peu de chance ça ne fait pas de mal. Je finis par souder le cadre principal en essayant d’avoir un rectangle au mieux ! Là j’ai un peu moins de chance. À quelques millimètres près ce n’est pas vraiment ça. On ne le voit pas forcément mais il faudra en tenir compte lors de la découpe du bois.

Le bois, justement, parlons-en. Par manque de temps et de disponibilité, je me dirige vers Merlin Gerlin pour faire au mieux. J’étais parti sur des planches de 120*30 que j’allais coller ensemble. Encore une fois, le manque de temps et ce fichu Covid me fais choisir au plus convenable : une planche de 250 * 60 que je vais découper par la suite. Je prends du chêne, lamellé collé. Au final je ne connais pas vraiment les essences, n’est-ce pas Le Cocon de Coton, mais depuis petit j’ai un attachement au chêne. Les plaques de 60 cm de large se courbent facilement surtout en 18 mm d’épais. Je ne suis pas tout à fait satisfait mais les découpes se font comme dans du beurre avec la scie à format. Je coupe un poil plus petit car finalement je compte peindre la structure. Bien sûr j’ai coupé un peu trop. On dira que c’est hand made et puis c’est vrais.

Après avoir poli les soudures et passé un coup de dégraissant sur tout le cadre je le peins, au pinceau en plusieurs couches. Peindre en noir, en appart, en janvier, après 19 h ce n’est pas ce qui est le plus recommandé. On voit les erreurs 1 semaine après à la lumière du jour. C’est mieux de croiser les couches du pinceau en croix afin de limiter les empreintes et les traces. Pour les gouttes qui sèchent je vous laisse me donner vos conseils..

Une bonne couche d’huile de lin avec un chiffon sur tout le bois et le résultat est là. Prêt pour aller à Lyon et boire en un weekend autant qu’en 2020. Je recommande la vodka ginger beer de Valéria.

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